La flore est typique de la toundra : essentiellement végétation basse et lichens. On y trouve même des saules et des bouleaux, mais nains !
L’épilobe à feuilles larges (chamerion latifolium) est une plante arctique emblème du Groenland : son nom groenlandais est "niviarsiaq" ce qui signifie "petite fille". Elle est totalement comestible (bouillie, en infusion, etc.) et on la trouve un peu partout sur la côte ; les inuits s’en serviraient dans leur alimentation (est-ce encore le cas ?).
La silène acaule (silene acaulis) est également très fréquente sur les sols rocailleux calcaires, les éboulis humides, etc. On la trouve aussi très fréquemment dans les Alpes calcaires.
Le pavot arctique (papaver lapponicum) fait partie des fleurs visibles en s’éloignant un peu de la côte : il peut se trouver jusqu’à une latitude de 83°40 N (sur l’île de Kaffeklubben), ce qui en fait une des plantes les plus septentrionales du monde (avec la saxifrage à feuilles opposées, trouvée sur la même île). Cette fleur suit le soleil dans son mouvement afin de récupérer le maximum d’énergie solaire. La fleur peut avoir deux couleurs : dans les régions très ensoleillées, une partie de l’énergie solaire sert au métabolisme et l’excédent permet la pigmentation des pétales en jaune ; si l’énergie solaire n’est pas excédentaire, les pétales sont blancs.
La dryade arctique (dryas integrifolia) est une plante très ramifiée, formant comme un tapis, qui vit dans les zones rocailleuses, les éboulis, etc.. Elle est proche de la dryade à 8 pétales (aussi appelée chênette ou herbe-aux-cerfs ; dryas octopetala), fréquente en montagne (Alpes, Pyrénées, etc.) et que l’on trouve entre 1000 et 2500 m d’altitude, plutôt sur des sols calcaires. Dans les Alpes, on l’appelle parfois thé suisse car elle sert à confectionner des tisanes. Notons qu’elle a donné son nom aux périodes géologique du Dryas (du dernier refroidissement à la fin de la dernière glaciation) du fait du nombre important de pollens trouvés dans les tourbières formées à cette époque ; elle serait ainsi une des premières plantes à fleur à "recoloniser" les éboulis libérés par les glaciers après une glaciation.
Le saule arctique (salix arctica) est un petit arbuste (au plus 15 cm de haut), rampant, que l’on peut observer un peu partout près de la côte, ou à basse altitude. Il est typique des zones rocheuses ou des toundras arctiques. Il sert d’aliment aux boeufs musqués, rennes et lièvres arctiques. Les chatons "éclosent" dès que la température remonte (fin juin-début juillet) et permettent la reproduction. Les poils qui les recouvrent permettent à l’intérieur d’avoir une température supérieure de quelques degrés à celle de l’extérieur.
Le bouleau nain (betula nana) se trouve dans des zones d’altitude intermédiaire, légèrement tourbeuses. C’est un arbrisseau qui ne dépasse pas quelques dizaines de centimètres de haut. Ses petites feuilles (caduques) brillantes et dentelées le rendent très facile à reconnaître. C’est le végétal ligneux vivant le plus au nord.










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